Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 18:57

Eh oui, tout arrive!

Le livre est maintenant là, on peut le commander en ligne en allant directement sur http://www.thebookedition.com/xavier-malbreil-que-dire-dans-un-ascenseur-p-60549.html#

Déjà une radio, et ce n'est pas fini...le best seller est en route.

Par Xavier Malbreil - Communauté : le texte voyageur
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 17:13

 Oh! Ne me dites pas que vous êtes tombé à l'eau, je ne vous croirai pas. C'est plutôt l'eau qui vous est tombée dessus, n'est-ce pas? En fines gouttelettes descendant d'un nuage, et nombreuses, et serrées, et si violentes que le trottoir en a résonné bruyamment. Prête-t-on l'oreille, et l'on entendra une longue plainte stridente, que nous pourrions transcrire comme un long « i » chuinté, chanté, lancinant. Mais cela ne serait pas suffisant pour décrire vraiment le bruit que font ces dizaines, ces millions de gouttes d'eau. Parce que à côté du « i » il y a une autre voyelle, qui ferait comme le hululement d'une chouette, et qui atténuerait en quelque sorte la tonalité trop limpide et trop stridente de ce « i ». Cette seconde voyelle serait un « u » évidemment, et nous plongerait dans les sous-bois profonds, mystérieux, dans lesquels l'eau s'introduit afin de tout fertiliser.
Je ne suis pas sûr pour autant de bien définir ce phénomène qui vous a transformé en serpillière. Parce qu'à côté de ce « i » et de ce « u », qui seraient bancals si on les laissait tout seuls, il me semble qu'un élément structurant comme une consonne pourrait apporter son aide. Et quoi de plus structurant qu'un « p »? P comme père, comme poutre, comme pile! Enfin, pour vraiment rendre compte de cette dimension très liquide, de l'eau projetée sur le sol, qui ensuite se réunit en ruisselets, et dévale tout au long de la rue de Crimée, je ne vois que le « l », le « l » qui coule dans la bouche, et qui arrondit tous les angles, et chante dans les oreilles. Enfin, si dans un dernier effort nous réunissons toutes ces lettres, nous pourrions former « i-u-p-l »?
Mais est-ce que cela rendrait vraiment bien compte de cette explosion d'eau qui a transformé votre journée en une pataugeoire? « L-i-u-p » ne serait-il pas mieux? Ou pourquoi pas «p-l-u-i »? tout simplement. Et comme vous êtes vraiment, mais vraiment trempé, je crois qu'il faut rajouter un « e » qui allonge ce mot sinon trop court, et le prolonge longtemps, longtemps, comme un rhume qui n'en finit pas. Le mot n'est-il pas beau à présent? Et ne dépeint-il pas fidèlement cette eau qui tombe du ciel? « P-l-u-i-e »! « P-l-u-i-e »! Ah certains jours, on peut dire que la vie est belle, quand les lettres de l'alphabet, ces petites fourmis pleines de bonnes intentions, nous permettent de si bien rendre compte des phénomènes de la nature.

Par Xavier Malbreil - Publié dans : Temps - Communauté : video arts visuels Visual arts
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 09:30


Cela ne vous dérange pas, je l'espère, qu'entre vous et le miroir il y ait moi? Non, parce que je vous vois tordre le cou, vous trémousser, vous inquiéter, vous hausser sur le bout de vos orteils pour tenter de vous apercevoir à travers un creux. Le problème, c'est que je n'ai pas de creux. Je suis tout d'une pièce, et d'un métal plus sourd qu'un vieux pot en inox. Non, non, ne protestez pas, je peux même lire dans vos yeux une angoisse lourde qui monte, qui monte, à la seule pensée que vous ne pourriez pas vous dire « coucou, c'est moi, ça va bien toi? Moi ça va, oh comme un matin du milieu de la semaine, allez bonne journée, hein ».
Vous voulez que je me pousse un peu, sur le côté? Ce n'est pas facile, avec tout le monde qui se presse dans la cabine. Ou tenez, mieux, je vais me retourner, et chuchoter tout bas, dans l'oreille du miroir, un petit mot doux pour vous. Ce sera comme si vous le faisiez, vous. Il vous suffit de me confier votre message et je serai encore plus fidèle qu'un fil de téléphone. Mais laissez-moi deviner... Vous voudriez lui dire, à ce miroir, « quels casse-pieds on rencontre dans la cabine, certains jours, ah si tu savais! » ou bien « à tout à l'heure mon choux, là je ne peux pas te parler, mais tu ne perds rien pour attendre », ou encore « ah t'es vraiment pas mal, surtout pour le matin! ». Allons, n'ayez pas peur. Glissez-moi ça dans le creux de l'oreille, et je me fais fort de dire si bien votre texte que le miroir n'y verra que du feu.

Par Xavier Malbreil - Publié dans : Devant le miroir de l'ascenseur
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 18:20
Certains textes de "Que dire dans un ascenseur" seront donnés en représentation-spectacle-performance multimédia par un duo d'artistes-comédiennes réunies au sein du Collectif Ma~.
Cela se passera le samedi 30 janvier à l'Usine, 6 impasse Marcel Paul - Zone Pahin - 31170 Tournefeuille. Renseignement : Informations/réservations : 05 62 13 21 99 / info@boutiquedecriture.com
Si vous souhaitez programmer ce spectacle ou obtenir d'autres informations, contactez-moi directement, aecn09@free.fr
Par Xavier Malbreil - Communauté : le texte voyageur
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 08:58

Surtout, ne la touchez pas! Non seulement elle peut être contagieuse, mais c'est une rareté. Une mue d'homme en parfait état! Qui, de plus, appartenait à une femme. Voyez comme elle est belle! On dirait presque qu'elle va se regonfler, se remplir, et allez, repartir pour un tour, revivre. Toute lisse, sans tatouages, sans ratures, sans filaments, et quelle délicatesse! regardez, on distingue même les lignes de sa main. Nul doute que cette femme était une très jolie personne. Et qu'elle le sera encore davantage. Imaginez-la recouverte de sa nouvelle peau, aussi lisse qu'un derrière de bébé, marchant dans la rue. Autour d'elle, derrière elle, plus rien, elle rayonne. Le vide. Et nous, elle nous laisse sa mue, sa sixième, si je ne me trompe, la plus fragile, la plus belle, parce qu'après, les tissus se ratatinent, les peaux se fripent, et voilà, c'est fini.

Je vais la prendre. Du bout des doigts. C'est si gracile, si fragile. Il ne faut pas la plier, parce qu'elle pourrait se déchirer, il ne faut pas l'étirer bien entendu, parce qu'elle a perdu de son élasticité, il ne faut pas la rouler non plus, parce que les femmes n'aiment pas qu'on les roule, même s'il s'agit de leur vieille peau. Simplement la prendre délicatement entre deux doigts, la glisser dans une housse pour pouvoir la transporter. Puis la coller sur un cadre, qui sera fait tout exprès pour elle. Et enfin, la regarder. Une mue en si bel état. Et il fallait qu'elle me revienne à moi, aujourd'hui, dans cette cabine. Qu'ai-je fait, mais qu'ai-je fait pour mériter un tel honneur? Oui, pourquoi moi? Pourquoi? Le bonheur, la chance, voyez-vous, me posent beaucoup plus de questions que la déveine, la poisse, la mouscaille. D'ailleurs, ne dit-on pas « une veine de cocu »?

Par Xavier Malbreil - Publié dans : Vraiment n'importe quoi
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  • Que dire dans un ascenseur?
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  • Ecrivain (dernier livre paru "La face cachée du Net", éditions Omniscience) et e-crivain, je m'intéresse plus spécialement aux écritures à contrainte.
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